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本日をもって「昭和俳句弾圧事件の碑」呼びかけ人名簿が出来上がりましたので、お知らせします。
お陰様で、素晴らしい顔ぶれが揃い、心から御礼申し上げます。

※また、ある呼びかけ人の先生から、「記念碑という表現はやや肯定的ではないか」とのご意見を頂きました。実のところ、辞典や他の碑の前例からみれば”良い出来事”にも”悪い出来事”にも使われますが、最近は”良いもの”というニュアンスが強いかもしれないので、碑の題字には「記念」を使わないことにしました(会の名称はそのままです)。現在、揮毫を務めて頂く金子兜太先生と相談し、題字の最終案を決めて頂いている最中です。決まり次第、またお知らせします。

「昭和俳句弾圧事件の碑」呼びかけ人名簿 

金子 兜太(俳人)
窪島 誠一郎(「無言館」館主、作家)
マブソン 青眼(俳人、比較文学者)

(以下五十音順、敬称略)
安西 篤(俳人)
安斎 育郎(国際平和ミュージアム名誉館長)
池田 澄子(俳人)
石 寒太(俳人)
伊丹 三樹彦(俳人)
宇多 喜代子(俳人)
宇都宮 健児(弁護士、元日弁連会長)
浦野 広明(税理士、日本民主法律家協会副理事長)
榎本 好宏(俳人)
大井 恒行(俳人)
大木 あまり(俳人)
大串 章(俳人)
大串 潤児(現代史学者、信州大学准教授)
大牧 広(俳人)
小崎 哲哉(アートジャーナリスト)
小野 裕三(俳人)
櫂 未知子(俳人)
加藤 多一(童話作家)
川名 大(俳人、俳句史研究家)
河西 志帆(俳人、「信濃デッサン館の会」会員)
岸本 マチ子(俳人)
黒田 杏子(俳人)
小出 裕章(工学者、評論家)
五島 高資(俳人)
小林 秀一(プロボクシング元日本チャンピオン・九条の会会員)
小林 貴子(俳人)
佐怒賀 正美(俳人)
塩野谷 仁(俳人)
ドミニク・シポー(ハイク詩人、フランスハイク協会発起会長)
島田 牙城(俳人)
鈴木 篤(弁護士、「江戸川憲法読む会」代表)
高野 ムツオ(俳人)
高橋 睦郎(詩人、歌人、俳人)
嵩 文彦(俳句作家、詩人)
滝澤 忠義(「層雲」同人)
田島 和生(俳人、評論家)
坪内 稔典(俳人、俳文学者)
寺井 谷子(俳人)
殿岡 駿星(ジャーナリスト、「夢道サロン」代表)
マーティン・トーマス(ドイツ・ケルン大学 俳句史研究家)
仲 寒蟬 (俳人)
中原 道夫(俳人)
中村 晋(俳人)
成澤 孝人(憲法学者、信州大学教授)
仁平 勝(俳人、評論家)
橋本 榮治(俳人)
橋本 直(俳人)
長谷川 櫂(俳人)
ダニエル・ピー(ハイク詩人、「パリ句会」代表)
藤田 真一(俳文学者)
復本 一郎(俳文学者)
アビゲール・フリードマン(元米国外交官、ハイク詩人)
堀切 実(俳文学者)
堀之内 長一(俳人)
松田 ひろむ(俳人)
松林 尚志(俳人、評論家)
松本 猛(安曇野ちひろ美術館常任顧問)
丸山 美沙夫(俳人、新俳句人連盟副会長・長野県支部長)
宮坂 静生(俳人、俳文学者)
望月 たけし(俳人、新俳句人連盟副会長)
矢島 渚男(俳人、俳文学者)
矢羽 勝幸(俳文学者)
山﨑 十生(俳人)
山中 葛子(俳人)
若麻績 敏隆(白蓮坊住職、画家)
渡辺 誠一郎(俳人)      
(以上69名)

       ・・・・・・・・
 弾圧された俳人の作品例(候補)
(呼びかけ人のご意見等を元に選句しました。碑の裏面に刻む予定です)

   降る雪に胸飾られて捕へらる 秋元不死男(東京三)

  憲兵の怒気らんらんと廊は夏 新木瑞夫

  墓標立ち戦場つかのまに移る 石橋辰之助

  我講義軍靴の音にたゝかれたり 井上白文地

  戦争をやめろと叫べない叫びをあげている舞台だ 栗林一石路

  兵隊が征くまつ黒い汽車に乗り 西東三鬼

  出でて耕す囚人に鳥渡りけり 嶋田青峰

  一兵士はしり戦場生れたり 杉村聖林子

  血も見えず敵飛行士の亡せゐたり 波止影夫

  大戦起るこの日のために獄をたまわる 橋本夢道

  徐々に徐々に月下の俘虜として進む 平畑静塔

  ナチの書のみ堆し独逸語かなしむ 古家榧夫

  英霊をかざりぺたんと座る寡婦 細谷源二

  千人針を前にゆゑ知らぬいきどほり 中村三山

  戦闘機ばらのある野に逆立ちぬ 仁智栄坊

  血も草も夕日に沈み兵黙す 三谷昭

  戦争が廊下の奥に立つてゐた 渡辺白泉  

   


「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局
    代表 マブソン 青眼(俳人、比較文学者)
    小林 民(俳人、温泉宿主人)池田 充(版画家)美谷島 眞知子(「信濃デッサン館の会」会員)
〒380-0845長野市西後町625‐20‐304
showahaiku@yahoo.co.jp


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by showahaiku | 2017-05-01 00:24 | Comments(0)

「朝日新聞」(社会面、東京版2017/04/20夕・名古屋版2017/4/19夕・長野版2017/04/20朝)に、碑の建立計画についての記事が掲載されました!大感謝です。以下、デジタル・リンクとスキャン画像を貼り付けます。



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(以下、フランス語訳、Translation in french below) ARTICLE PARU DANS LE QUOTIDIEN "ASAHI SHIMBUN" DU 20/04/2017

GARDER LA MÉMOIRE DES POÈTES RÉSISTANTS

-en souvenir de la répression qui toucha les haïkus pacifistes pendant la Seconde Guerre mondiale, un Français lance un appel afin d'ériger un monument.



Afin d'inscrire dans les mémoires le souvenir de tous ceux qui furent persecutés pour avoir composé autrefois des haikus critiques ou parodiques envers le militarisme et le déclenchementde la Seconde Guerre mondiale, des poètes de haiku contemporains ont décidé d'ériger un monument. Leur but : faire en sorte que nous n'oubliions jamais cette période de l'Histoire où penser librement était passible d'emprisonnement, réaffirmer que la liberté d'expression est chose précieuse.

SeeganMabesoone - de son état civil Laurent Mabesoone (48 ans, nationalité française, habitant à Nagano-ville) - travaille avec d'autres à ce projet. Installé au Japon depuis 1996, Mabesoone a d'abord étudié la littérature japonaise à l'Université de Paris. Il est spécialiste de litterature comparée, notamment du poète classique Issa Kobayashi, et compose lui-même des haikus.

Il a commencé à s'intéresser aux haijins de l'Avant-guerre à la suite des catastrophes de mars 2011. Alors âgé de 39 ans, père d'une fillette de 2 ans, il avait d'abord publié dans un magazine littéraire le haiku suivant, qui reflétait ses inquiétudes à ce moment :


児(ちご)の頬に遅春のなみだ放射能と

Chigono hoo ni Chishun no namida Hoshano to

Sur la joue de mon bébé,

Des larmes printanières

Et des radionucléides.


Puis il a continué à écrire sur ce sujet et a publié plusieurs recueils franco-japonais sur le thème des problèmes du nucléaire.Mais il essuya des critiques de la part d'une partie de la scène du haiku. On lui disait : "Un haiku ne doit pas traiter de sujets de société" ou bien : "Pourquoi composer sur la catastrophe nucléaire, alors que vous n'êtes pas une victime directe ?"...

Mabesoone se souvint alors des "poètes progressistes" de l'Avant-guerre, qui composèrent des haikus sur le conflit naissant, et se basaient, entre autres, sur les images des informations - diffusées à l'époque dans les cinémas.Eux aussi essuyaient des critiques parce que, disait-on, "des personnes ne se trouvant pas au front ne devraient pas composer de telles choses". Mabesoone comprit, en pousuivant ses recherches, combien fut difficile la situation dans laquelle se trouvaient ces poètes, alors qu'ils traitaient simplement du problème de sociétéle plus prégnant de leur époque.


血も見えず敵飛行士の亡せゐたり

Chimo miezu Teki hikōshi no Use itari

Sans que l’on voie son sang,

L’aviateur ennemi

A perdu la vie. (1938) Kageo HASHI


我講義軍靴の音にたゝかれたり

Wagakōgi Gunka no oto ni Tatakaretari

A la porte de mon cours,

Elles frappent toujours.

Les bottes des militaires. (1937)Hakubunji INOUE


戦争が廊下の奥に立つてゐた

Sensōga Rōka no oku ni Tatte ita

La guerre

Était bien là debout

Au bout du couloir. (1939)Hakusen WATANABE


Selon les recherches de M. Mabesoone, les auteurs de tels haikus furent arrêtés sous couvert de la "Loi de préservation de la sécurité",car on considérait que leurs oeuvres "cherchaient à propager une conscience d'opposition à la guerre". Entre 1940 et 1943, au moins quarante-quatre d'entre eux – surtout des jeunes poètes -furent emprisonnés, treize purgèrent des peines de prison ferme accompagnées de peines avec sursis. Lors des interrogatoires, il furent forcés à se renier et beaucoup ne composèrent plus aucun haiku pacifiste jusqu'à la fin de la guerre.

Cependant, Mabesoone insiste : "Cette résistance à la guerre fut éphémère, mais elle constitue un fait important". Car,pendant que ces auteurs subissaient les purges, la majorité de la scène du haiku, elle, était totalement muselée par ladite "Association des auteurs de haiku japonais", organisation créée sous la férule du "Bureau de l'information" -bureau de la propagande sous le contrôle direct du gouvernement militaire. En effet, la majorité des poètes, eux, composaient a contrario des haikus à la gloire du militarisme. "Les traces de cette "petite résistance" sauvent l'honneur du haiku dans l'Histoire", nous déclare-t-il. Au mois d'octobre de l'année dernière, Mabesoone a publié un recueil qui rassemble les haikus pacifistes de cette époque, intitulé : "Haïkus de la résistance japonaise".

Ne pas oublier le rôle des haijins résistants, transmettre ce fait historique aux générations futures : cette motivation première fut aussi à l'origine du projet de monument.

Depuis, plus de soixante personnalités, dont beaucoup de poètes de haiku, se sont joint à l'appel, en acceptant de devenir des "soutiens officiels". Le but est d'ériger le monument avant la commémoration du 80ème anniversaire du début des rafles,c'est-à-dire avant 2020, et le lieu prévu est un terrain adjacent au "Mémorial des jeunes peintres décédés pendant la Seconde Guerre mondiale" ("Mugonkan", situé dans la ville d'Ueda, département de Nagano). Le texte de la stèle sera calligraphié par le poète de haiku Tōta Kaneko, âgé de 97 ans, qui a connu directement ces persécutions.

Justement,en ce moment, depuis le 19 avril, est discuté à la Diète un projet de loi comprenant des clauses de "crimes de conspiration",laquelle loi est vivement critiquée par l'opposition comme une "pénalisation des opinions".

M.Mabesoone déclare à ce sujet : "Nous ne voulons pas méler ce projet de monument aux sujets politiques, mais chacun comprendra aisément quels sont les enseignements que nous devons tirer des répressions que subirent les poètes avant la Seconde Guerre mondiale."

Sur la stèle sera gravé : "À travers ce monument, nous promettons de ne pas oublier leur sacrifice et leurs souffrances, et de ne plus jamais accepter la dictature. Nous formons le vœu que la paix prévale et que les droits de l'Homme, dont la liberté de pensée, de parole et d'expression, soient toujours respectés."

(article de Tetsu Wang)


légende de la photo : Seegan Mabesoone chez lui à Nagano : "Le mouvement des haijins résistants n'est pas sans rappeler, par exemple, le mouvement de "La Rose blanche", qui s'opposa au nazisme en Allemagne pendant la guerre - Sophie Scholl et son frère Hans furent excécutés pour avoir distribué des tracts pacifistes.Ce "petits actes de résistance" sont aujourd'hui pour nous tous une grande source d'espoir".


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by showahaiku | 2017-04-20 12:30 | Comments(0)

花満開の「無言館」

2017年4月16日、「碑の会」事務局のメンバー等10人で、長野県上田市の戦没画学生慰霊美術館「無言館」を訪れました。館主の窪島誠一郎様とゆっくり会談したり、吟行・句会を楽しんだりして来ました。
満開の桜に囲まれた「無言館」に命の根源的なエネルギーを頂いたような思いで、「昭和俳句弾圧事件の碑」建立に向けて、皆で頑張ろうと改めて誓い合いました。また、今後、定期的にこの素晴らしい環境で”平和の俳句の会”を開こうということになりました。

(以下、参加者の5句選)
無言館向かう車窓や花いかだ 大林茂美
星おぼろ妻を描きて戦場へ 高橋佳代
囚へても詩は囚はれず雑木の芽 ” ”
湯の町に平和観音青き踏む 小林民
残雪か戦没画家の足跡か マブソン青眼
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「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局

    代表 マブソン 青眼(俳人、比較文学者)

    小林 民(俳人、温泉宿主人)池田 充(版画家)美谷島 眞知子(「信濃デッサン館の会」会員)

380-0845長野市西後町625‐20‐304

showahaiku@yahoo.co.jp


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by showahaiku | 2017-04-17 20:01 | Comments(0)

2017年4月12日(朝刊)の「信濃毎日新聞」に記事が載りました。心から感謝申し上げます。以下、記事のスキャン画像と、「信濃毎日新聞」のHPのリンクを添付致します。ぜひご覧下さい。



文中、特に筆頭呼びかけ人の先生方のお言葉に励まされました:
金子兜太先生:
「俳人の弾圧はまったくナンセンスだった。碑の建立には大賛成だ」
窪島誠一郎先生:
「碑ができれば、表現者の命と、彼らの表現を改めて直視することになるだろう」



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(以下、フランス語訳、Translation in french below)

Un monument en souvenir des persécutions dont souffrit le monde du haiku

pendant la Seconde Guerre mondiale

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Seegan Mabesoone, poète de haiku habitant à Nagano, à l'origine du collectif.

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Un groupe de bénévoles, dont Seegan Mabesoone (48 ans, habitant Nagano-ville), s'est formé dans le but d'ériger un "Monument à la mémoiredes poètes de haiku persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale".

Un emplacement, près du "Mémorialdes jeunes peintres décédés pendant la Seconde Guerre mondiale" ("Mugonkan") à Ueda (département de Nagano), est prévu pour cette occasion.

Monsieur Mabesoone a répondu à notre journal : "Nous souhaitons réhabiliter ces jeunes poètes et leurs sacrifices, créer un lieu de recueillement. Aussi, il nous semble qu'il est important, particulièrement en ce moment, de se remémorer l'Histoire, de se souvenir que toute liberté de pensée, de parole et d'expression fut alors niée".

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Un monument pour la liberté de pensée et d'expression...

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L'origine de ce projet remonte à la publication de "Haïkusde la résistance japonaise (1929-1945)" en octobre dernier, recueil dans lequel M. Mabesoone mettait la lumière sur les poètes persécutés pendant la guerre, dont, par exemple, Issekiro Kobayashi - originaire du village d'Aoki à Nagano. "Dans mon pays d'origine, la France, les poètes qui ont resisté au nazisme sont aujourd'hui largement reconnus, mais ici, il semble que l'on ait tendance à oublier les persécutions dont furent victimes les poètes de haiku de cette époque". Partant de ce constat, M. Mabesoone avait déjà exprimé dans son livre "la necessité d'ériger un monument".

A la suite de la publication dudit recueil, de nombreux lecteurs lui ont manifesté leur soutien, et un collectif a commencé à se créer. A partir du mois de mars, des demandes de parrainage ont été envoyées à des poètes, chercheurs, hommes du monde de la culture de tout le pays, et 55 personnalités ont déjà rejoint le mouvement. Dès que la liste définitive des soutiens officiels sera fixée – vers la fin du mois de mai, une collecte de fonds sera ouverte au grand public à partir de l'été.L'inauguration du monument pourrait avoir lieu dès l'été 2018.

Les trois principaux parrains du projet sont M. Mabesoone, M. TōtaKaneko (97 ans) – Maître de haïku du cercle “Kaitei” auquel appartient aussi Mabesoone, et M. Seiichiro Kuboshima (75 ans) – Président du Mémorial "Mugonkan". M. Kaneko réalisera la calligraphie qui sera gravée sur la stèle. M. Kaneko a vécu la Seconde Guerre mondiale sur le front du Pacifique, en tant que soldat. Il a déclaré à notrejournal : "Les purges dont furent victimes les poètes de haiku étaient totalement injustifiées. Je soutiens de tout mon coeur ce projet de monument." Et M.Kuboshima d'ajouter : "Ce monument, quand il sera érigé, nouspermettra de nous retrouver face à la vie de ces hommes de parole, face au sens de ce qu'ils voulaient exprimer".

La répression fut à l'époque justifiée par ladite "Loi pour la préservation de la paix". Des dizaines de poètes furent arrêtés à cause d'expressions plus ou moins pacifistes, ou encore parce que les autorités considéraient qu'une simple description des diffultés de vie en temps de guerre constituait une critique envers le pouvoir en place. Sur la stèle, il est prévu de graver une quinzaine de haïkus représentatifs, avec le nom des auteurs, et un texte explicatif qui se termine ainsi: "Avec ce monument, nous promettons de ne plus jamais accepter que le pouvoir plonge nos vies dans les ténèbres, nous formons le voeux que la paix prévale et que les droits de l'Homme, dont la liberté de pensée, de parole et d'expression, soient toujours respectés."

En ce moment, les deux chambres du Parlement japonais commencent justement à débattre d'un projet de modification du droit pénal intitulé : "Loi contre la préparationd'actes terroristes ou autres". M. Mabesoone nous a déclaré: "Ce projet de monument n'a aucune motivation proprement politique.Cependant, personnellement, il me semble que, plus que jamais, il est nécessairede faire preuve d'esprit critique, tout comme ces jeunes poètes qui furent autrefois injustement persécutés."


Exemples de haïkus qui seront gravéssur le monument :


降る雪に胸飾られて捕へらる

Furuyuki ni Mune kazararete Toraeraru

Sur ma poitrine tombe la neige

Telle une décoration :

Moment de mon arrestation. (1941) Fujio AKIMOTO


我講義軍靴の音にたゝかれたり

Wagakōgi Gunka no oto ni Tatakaretari

A la porte de mon cours,

Elles frappent toujours.

Les bottes des militaires. (1937)Hakubunji INOUE


戦争をやめろと叫べない叫びをあげている舞台だ

Sensōwo yamero to Sakebenai sakebi wo Agete iru

butaida

«Arretez la guerre ! » –

Ce cri interdit,

Poussé sur scene. (1929)Issekiro KURIBAYASHI


大戦起るこの日のために獄をたまわる

Taisenokoru Kono hi no tameni Goku wo

tamawaru

Aujourd’hui, la guerre mondiale a éclaté.

De ce fait, vous me voyez tres honoré

D’etre emprisonné. (1941)Mudo HASHIMOTO


銃後といふ不思議な町を丘で見た

Jugoto iu Fushigi na machi wo Oka de mita

A l’arriere du front,

De ma colline, regarder cette ville

Que je ne comprends pas. (1938)Hakusen WATANABE





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by showahaiku | 2017-04-13 10:01 | Comments(0)

「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」の電子メール・アドレスと住所が決まりましたので、お知らせします:

showahaiku@yahoo.co.jp

380-0845長野市西後町625‐20‐304

「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局

    代表 マブソン 青眼(俳人、比較文学者)

    小林 民(俳人、温泉宿主人)池田 充(版画家)美谷島 眞知子(「信濃デッサン館の会」会員)



お問い合わせ等にお気軽にお使いください。


現在、事務局のメンバー等で、「呼びかけ人」になって頂く先生方のリストを作成している最中です。

5月に「昭和俳句弾圧事件記念碑の会 呼びかけ人名簿」が出来上がると思いますので、出来次第、本ページでもお知らせします。


ついでに、以下、近刊の渋沢栄一記念財団刊行「青淵」2017/4号に掲載された「昭和俳句弾圧事件記念碑計画」という随筆(マブソン青眼筆)を添付致します

今後も、ご支援・ご指導のほど、お願い申し上げます。


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by showahaiku | 2017-04-01 11:19 | Comments(0)

俳句総合誌「俳句」(角川書店刊行)2017年3月号に、
作品7句と短文 「二月十四日を昭和俳句弾圧事件の忌にせん」 
が掲載されました。
短文では、少しだけ、記念碑建立計画にふれました。
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by showahaiku | 2017-02-25 15:48 | Comments(0)

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昨年末、「中日新聞」(2016/11/16)と「東京新聞」(2016/12/2夕、ほぼ同じ内容)に、昭和俳句弾圧事件について以上の記事が載りましたので添付致します。
文中に、同紙「平和の俳句」コラムで活躍中の大俳人・金子兜太師のお言葉が特に印象的です。ぜひご覧ください。
過日、本ブログに添付した「北海道新聞」の記事でも報道されましたが、金子兜太先生は、計画中の「昭和俳句弾圧事件記念碑」の筆頭呼びかけ人と題字の揮毫を務めて頂くことになっております。

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(以下、仏訳)(Below, translation in french of the article) Traduction de l'article du quotidien japonais CHUNICHI SHIMBUN (16/11/2016) repris dans le TOKYO SHIMBUN (2/12/2016)
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L'ESPRIT DE “RÉSISTANCE” : NE PAS ACCEPTER LA GUERRE
- PARUTION D'UN RECUEIL DE HAÏKUS DES POÈTES PERSÉCUTÉS -
......... Un livre pour repenser la fragilité du Japon contemporain …...........
Au début des années 1940, pour avoir critiqué l'État japonais et la société qui couraient alors droit à la guerre du Pacifique, de jeunes poètes de haïku ont subi diverses persécutions. Afin de mettre la lumière sur ces faits historiques et sur des œuvres peu connus, Seegan MABESOONE (nom d'état civil : Laurent Mabesoone, 48 ans, habitant à Nagano-ville, poète de haïku et spécialiste de littérature comparée) vient de publier les “Haïkus de la résistance japonaise”. Pour M. MABESOONE, “ces œuvres, dans leur esprit, nous obligent à nous poser des questions essentielles pour le Japon et pour le monde contemporain”. (article de Yoshiko KAWAHARADA)
Selon cet ouvrage, entre 1940 et 1943, la police spéciale “Tokkō keisatsu” a arrêté à travers tout le pays 44 poètes de haïku, principalement des jeunes hommes de moins de 40 ans, sous couvert de de la “Loi de Préservation de la Paix” (chian iji hō). La première rafle est connue sous le terme des “incidents du groupe de haïku de l'université de Kyoto) en 1940. Quinze étudiants et autres poètes participant à la revue “Kyōdai haiku” furent arrêtés, dont Hakusen WATANABE, célèbre pour son haïku : “La guerre / Était bien là / Au bout du couloir.”
Tous subirent des interrogatoires et tortures divers. Finalement, 13 des 44 haïjins furent condamnés à des peines de prison ferme, et on a perdu toute trace de plusieurs d'entre eux.
À la suite de ces événements, et à la demande exprès du “Bureau de l'Information” du gouvernement japonais, fut fondée l'”Association des Auteurs de Haïkus du Japon”, avec à sa tête le poète Kyoshi TAKAHAMA, principal promoteur des “haïkus sur les fleurs et les oiseaux” (kachō fūei). Ainsi le contrôle du pouvoir politique sur le haïku était lancé. Les “haïkus sociaux” qui critiquaient la guerre furent condamnés et, a contrario, on vit apparaître de plus en plus de haïkus à la gloire du militarisme ambiant, “œuvres” appelées “Haïkus de la Guerre Sainte”.
M.Tōta KANEKO (97 ans), responsable dans notre journal de la chronique “Un haïku pour la paix”, fait partie des rares personnes encore vivantes ayant vécu ces événements. Alors qu'il était étudiant à l'Université Impériale de Tokyo, un de ses amis, membre du même cercle universitaire de haïku que lui, a subi un interrogatoire de la police spéciale : “Je me souviens que j'étais inquiet, parce que je ne le voyais plus venir à nos réunions poétiques. Un jour, cet ami est venu me trouver, me faisant comprendre qu'il avait quelque chose d'important à me dire. Là, il m'a montré sa main gauche : tous ses ongles avaient été arrachés. Et il a ajouté : “Maintenant toi aussi, fais gaffe à ce que tu dis et à ce que tu fais, hein !” Son visage était vert de peur.” Tōta KANEKO témoigne que, même aujourd'hui, le visage blafard de ce camarade lui revient en mémoire avec insistance.
M.MABESOONE est aussi un ami proche de M. KANEKO, mais il se souvient que son intérêt pour la période des persécutions remonte d'abord à son expérience des événements du 11 mars 2011. À partir de ce moment, il commença à composer des haïkus sur la catastrophe nucléaire, avec des membres de son cercle de poètes. Or, une partie de la scène du haïku japonaise le critiqua vivement en ces termes : “Un haïku se doit de ne traiter que de la Nature (shasei kachōfūei), et ne doit jamais verser dans le social”. Pour dissiper les doutes, MABESOONE se replongea dans l'Histoire littéraire et redécouvrit cette période des persécutions contre les haïjins opposés au régime militariste. “Je me suis rendu compte que les reproches qu'on nous adressait étaient de la même veine que ceux proférés pendant la guerre au cours desdites persécutions. En même temps qu'un sentiment d'inquiétude pour notre époque, je ressentais une immense joie d'avoir redécouvert tant d'œuvres d'une telle qualité littéraire”, se remémore-t-il. Ensuite, un jour d'automne 2015, à l'occasion d'un symposium lors duquel Seegan MABESOONE s'entretenait avec Tōta KANEKO, la discussion se poursuivit sur le thème des persecutions. Alors, Seegan pris la décision de travailler à ce recueil, et il commença ses recherches, notamment grâce aux archives de la Bibliothèque Nationale de la Diète à Tokyo.
Le livre présente principalement 18 haïjins arrêtés à cette époque, avec leurs curriculum vitae et quatre haïkus pour chacun, le tout accompagné d'une traduction en français. Le graveur Mitsuru IKEDA (73 ans, habitant Shinano-machi à Nagano) a réalisé les estampes pour les portraits des poètes. Ce type de haïkus était jusqu'à présent qualifié de “jūgo haiku”, c'est-à-dire “haïkus en retraît de la guerre”, mais M. MABESOONE a voulu les gratifier du terme “résistance”, en accord avec le sens premier de ce mot français qui indique l'esprit d'opposition pendant la Seconde Guerre mondiale. Son sentiment est que, “au Japon aussi, il est souhaitable que l'on reconnaisse enfin les faits : des hommes et des femmes ont pris la plume pour résister et essayer de protéger la liberté”.
M.MABESOONE ajoute : “Ce livre n'est pas le mien, c'est celui des haïjins persécutés. J'aimerais qu'il soit lu par de diverses personnes, pas seulement par des amateurs de haïkus”. Et M. KANEKO de conclure : “Ladite “Loi de Préservation de la Paix” a sévi largement, aussi dans le monde du haïku. Ceci est un fait avéré. Et ce livre transmet les faits : pendant les quinze années de la guerre, l'Art du haïku a été sacrifié. Merci à ce livre.”
Le livre est publié par une maison d'édition installée à Paris, PIPPA ÉDITIONS. Ainsi, pour les lecteurs résidant au Japon, 280 exemplaires ont été envoyés et sont revendus 2000 yens par correspondance (frais postaux offerts). Contacter M. Mabesoone : mabesoon@avis.ne.jp
Exemples d'œuvres figurant dans “Haïkus de la résistance japonaise” :

憲兵の怒気らんらんと廊は夏
Kenpei no Doki ran ran to Rō wa natsu
Un policier militaire
Laisse éclater sa colère,
C’est l’été au bout du couloir… (1939) Mizuo ARAKI

戦死せり三十二枚の歯をそろへ
Senshi seri San jū ni mai no Ha wo soroe
Mort à la guerre,
Il est là, et il a toujours
Ses trente-deux dents. (1939) Kiyoko FUJIKI

ナチの書のみ堆(うづたか)し独逸語かなしむ
Nachi no sho nomi Uzutakashi doitsu go kanashimu
Triste pile !
Pour apprendre l’allemand, je n’ai
Que des livres nazis. (1940) Kayao FURUYA

英霊をかざりぺたんと座る寡婦
Eirei wo Kazari petanto Suwaru kafu
Elle accroche le cadre « Mort pour la patrie »,
Puis tombe accroupie.
La veuve. (1939) Genji HOSOYA

我講義軍靴の音にたゝかれたり
Waga kōgi Gunka no oto ni Tatakaretari
À la porte de mon cours,
Elles frappent toujours.
Les bottes des militaires. (1937) Hakubunji INOUE
往く人の母は埋もれぬ日の丸に
Yuku hito no Haha wa umorenu Hi no maru ni
Les drapeaux du Soleil Levant
Ensevelissent les mères…
Départ à la guerre. (1937) Hakubunji INOUE

銃後といふ不思議な町を丘で見た
Jugo to iu Fushigi na machi wo Oka de mita
À l’arrière du front,
De ma colline, regarder cette ville
Que je ne comprends pas. (1938) Hakusen WATANABE

戦争が廊下の奥に立つてゐた
Sensō ga Rōka no oku ni Tatte ita
La guerre
Était bien là debout
Au bout du couloir. (1939) Hakusen WATANABE

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by showahaiku | 2017-02-24 09:19 | Comments(0)

今日、現在計画中の
「昭和俳句弾圧事件記念碑」建立事業の
ブログを始めます。

ちょうど77年前、
1940年2月14日に始まった
「昭和俳句弾圧事件」を風化させないように、
平和・言論の自由・民主主義のシンボルとなりうる
記念碑の建立を目指して、
皆様と手をつないで頑張っていきたいと思います。

よろしくお願い致します。

「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局

※ 今日は、2016/11/16付の「信濃毎日新聞」の記事と2017/1/5付の「北海道新聞」の記事を添付します。両記事の最後のところ、記念碑計画について書いて頂きました。
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(以下、両記事の仏訳)
(Below, translation in french of the two articles)

Traduction en francais des deux articles dans des quotidiens japonais : HOKKAIDO SHIMBUN (5/1/2017) puis SHINANO MAINICHI SHIMBUN (16/10/2016)

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Des œuvres de résistance au totalitarisme, résonnant comme un encouragement pour le monde entier...
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Un recueil de haïkus des poètes persécutés, rassemblés en un volume par un haïjin français.
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Un recueil rassemblant les haïkus des poètes persécutés avant la guerre, sous couvert de ladite “Loi pour la préservation de la paix”, publié en octobre dernier simmultanément en France et au Japon, est l'objet d'une grande attention depuis sa parution. Il s'agit des “Haïkus de la résistance japonaise”, rassemblés par Seegan Mabesoone (48 ans), lui-même poète de haïku et comparatiste français vivant à Nagano. M. Mabesoone estime que “le fait qu'il y eut des poètes de haïkus s'opposant au totalitarisme nous donne du courage aujourd'hui”, alors que le nationalisme réapparaît partout dans le monde entier.
Lesdits “incidents de persécution du haïku” eurent lieu entre 1940 et 1943. Ils avaient pour but de réprimer la liberté d'expression des poètes et des éditeurs de revues. Selon les spécialistes, dont M. Mabesoone, 44 poètes professionels ou poètes-travailleurs furent arrêtés par la police spéciale “Tokkō”, par vagues successives à travers tout le pays, à commencer par les premières rafles à l'université de Kyoto. 13 d'entre eux purgèrent des peines de prison ferme.
Le recueil présente 72 haïkus (avec des traductions en français) de 18 poètes représentatifs. Parmi eux, Genji HOSAYA, qui fut ensuite responsable des pages haïkus de notre journal (Hokkaidō Shimbun) et le fondateur du groupe “Hyogentai”, mais aussi Hakusen WATANABE, qui finit la guerre comme soldat appelé dans la Marine à Hakodate:

英霊をかざりぺたんと座る寡婦
Eirei wo Kazari petanto Suwaru kafu

Elle accroche le cadre « Mort pour la patrie »,
Puis tombe accroupie.
La veuve.
(1939) Genji HOSOYA


戦争が廊下の奥に立つてゐた
Sensō ga Rōka no oku ni Tatte ita

La guerre
Était bien là debout
Au bout du couloir.
(1939) Hakusen WATANABE

Mabesoone a été formé à l'université de Paris et à l'université Waseda de Tokyo en tant que spécialiste du poète KOBAYASHI Issa. À l'occasion de la catastrophe nucléaire de Fukushima, il a publié plusieurs recueils de haikus qui s'opposaient à l'industrie nucléaire, puis, aussitôt, il a remarqué que diverses revues ne lui demandaient plus d'articles. Il a ressenti alors “un retour de la répression contre la liberté d'expression”. En étudiant les haïkus censurés autrefois, mais aussi les œuvres qui étaient, a contrario, promilitaristes ˗ lesdits “haïkus de la Guerre Sainte”, il a eu le sentiment qu'“il y a toujours au Japon une tendance regrettable à ne pas vouloir se tourner vers les erreurs du passé, que ce soit dans le domaine du nucléaire ou en ce qui concerne la Seconde guerre mondiale”. Et ceci le poussa à travailler à ce recueil.
Les 300 exemplaires envoyés de Paris pour le Japon ont tous été vendus, et l'éditeur parisien est en train de lancer un second tirage. Mabesoone déclare qu'”il y a un intérêt certain pour les haïkus en France, et pas seulement pour les haïkus de l'école Kachōfūei (qui traitent principalement des fleurs et des oiseaux), mais aussi pour la nouveauté que représentent les haïkus sur des sujets de société. Ainsi, l'esprit de résistance de ces poètes, un siècle plus tard, nous donne du courage à tous, car nous sommes aussi les survivants de cette époque.”
Mabesoone travaille en ce moment à un projet d'érection de monument à la mémoire des poètes de haïku persécutés. La cérémonie de présentation du monument est prévue pour le 14 février 2020, qui correspond au 80ème anniversaire de la première rafle. Le maître de haïku Tōta KANEKO (97 ans), qui a connu cette époque, a accepté d'être le commanditaire principal du monument.
Le recueil est disponible au prix de 2000 yens, port compris. S'adresser à M. Mabesoone, mabesoon@avis.ne.jp

(bureau de Tokyo du Hokkaido Shimbun, Shigeyuki IWAMOTO)


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" LA LUMIÈRE SUR LES POÈTES DE HAÏKU
QUI S'OPPOSÈRENT AU MILITARISME "

SEEGAN MABESOONE PUBLIE “HAÏKUS DE LA RÉSISTANCE JAPONAISE”

Au Japon aussi, un mouvement de résistance a existé. Seegan MABESOONE (48 ans, poète de haïku et comparatiste habitant à Nagano-ville) vient de publier les “Haïkus de la résistance japonaise”. Cet ouvrage met en lumière l'existence des haïjins persécutés dans les années 1940, ces poètes qui osèrent critiquer ou parodier le militarisme d'alors. Selon ses mots : “Aujourd'hui, en ces temps de retour au militarisme au Japon comme ailleurs, l'âme de ces poètes peut nous guider”.

Édition du soir.
Chacun prend son journal.
Pour chacun le Japon a raison. Issekiro KURIBAYASHI

La guerre
Était bien là debout
Au bout du couloir. Hakusen WATANABE

Mort à la guerre,
Il est là, et il a toujours
Ses trente-deux dents. Kiyoko FUJIKI

Pour avoir composé de tels haïkus, qui s'opposaient à l'”Ordre nouveau”, entre 1940 et 1943, 44 poètes de haïku furent arrêtés et 13 purgèrent des peines de prison ferme. Plusieurs sont décédés après leur libération du fait des tortures qu'ils subirent en rétention. Ce livre nous présente ces poètes, principalement 18 d'entre eux pour lesquels il donne une notice biographique et quatre haïkus représentatifs – parmi les auteurs, une seule femme, Kiyoko FUJIKI, semble avoir échappé aux rafles.
Mabesoone rappelle que, pour lui, ce projet éditorial remonte à l'accident nucléaire de Fukushima en 2011. À l'époque, il composa des haïkus sur la catastrophe et écrivit des articles critiques sur le nucléaire dans la presse. Alors il essuya des critiques telle que : “L'art du haïku doit se limiter à une description objective de la Nature, des fleurs et des oiseaux”, ou encore : “Cessez donc de composer de tels haïkus alors que vous n'êtes pas sur place à Fukushima !” Aussi il remarqua qu'on lui envoyait moins de demandes d'articles. “J'ai ressenti une pression qui enjoignait les poètes de haïku à ne pas s'exprimer sur des sujets de société”, dit-il.
Pourtant, en tant que spécialiste d'Issa [1763-1828], poète de l'époque d'Edo, il savait qu'on composait, il y a longtemps déjà, des haïkus critiques envers le pouvoir. Alors il entreprit de rechercher à partir de quel moment la doctrine du kachōfūei (haïkus sur les fleurs et les oiseaux) commença à monopoliser la scène du haïku. Il arriva à la conclusion que cet état de fait remontait aux “incidents de la répression du haïku” avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Certes la répression fut exécutée par le gouvernement de l'époque, mais Mabesoone considère comme essentiel le rôle de Kyoshi TAKAHAMA (1894-1959) qui, se trouvant au sommet de l'organisation nationale du haïku, a pu imposer de la sorte sa doctrine du kachōfūei.
Mabesoone prépare actuellement un projet d'érection de monument à la mémoire des poètes persécutés. Le village du poète Issekiro KURIBAYASHI, lieu-dit d'Aoki-mura dans le département de Nagano, serait le lieu envisagé. Mabesoone ajoute : “Je considère déjà ce livre comme une stèle de papier en leur mémoire”.
Le livre est publié dans une édition bilingue franco-japonaise aux Éditions Pippa de Paris. Aussi, pour son auteur : “Le mouvement de la Résistance étant particulièrement important pour le peuple Français, en ces temps difficiles d'actes terroristes répétés, la découverte des poètes résistants pacifistes japonais peut sans doute donner du courage aussi aux Français”.
Les illustrations sont des estampes du graveur Mitsuru IKEDA (73 ans, habitant Shinano-machi), qui est aussi poète, ami de Mabesoone. En se basant sur des photographies anciennes, Ikeda a gravé un portrait pour chaque haïjin, exception faite de quelques auteurs dont on ne garde aucune trace iconographique - dans ce cas il a représenté des silhouettes ou des objets tels que des menottes ou des cordes... Pour Ikeda : “J'ai voulu apaiser le sentiment d'injustice que je ressentais en pensant aux poètes persécutés”.


( Au Japon, le recueil est disponible pour 2000 yens aux librairies Heiando de Nagano ou par correspondance par virement postal, compte 00560 1 75876 “San getsu an”. Contact : mabesoon@avis.ne.jp )


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by showahaiku | 2017-02-17 18:22 | Comments(0)