「朝日新聞」(社会面、東京版2017/04/20夕・名古屋版2017/4/19夕・長野版2017/04/20朝)に、碑の建立計画についての記事が掲載されました!大感謝です。以下、デジタル・リンクとスキャン画像を貼り付けます。



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(以下、フランス語訳、Translation in french below) ARTICLE PARU DANS LE QUOTIDIEN "ASAHI SHIMBUN" DU 20/04/2017

GARDER LA MÉMOIRE DES POÈTES RÉSISTANTS

-en souvenir de la répression qui toucha les haïkus pacifistes pendant la Seconde Guerre mondiale, un Français lance un appel afin d'ériger un monument.



Afin d'inscrire dans les mémoires le souvenir de tous ceux qui furent persecutés pour avoir composé autrefois des haikus critiques ou parodiques envers le militarisme et le déclenchementde la Seconde Guerre mondiale, des poètes de haiku contemporains ont décidé d'ériger un monument. Leur but : faire en sorte que nous n'oubliions jamais cette période de l'Histoire où penser librement était passible d'emprisonnement, réaffirmer que la liberté d'expression est chose précieuse.

SeeganMabesoone - de son état civil Laurent Mabesoone (48 ans, nationalité française, habitant à Nagano-ville) - travaille avec d'autres à ce projet. Installé au Japon depuis 1996, Mabesoone a d'abord étudié la littérature japonaise à l'Université de Paris. Il est spécialiste de litterature comparée, notamment du poète classique Issa Kobayashi, et compose lui-même des haikus.

Il a commencé à s'intéresser aux haijins de l'Avant-guerre à la suite des catastrophes de mars 2011. Alors âgé de 39 ans, père d'une fillette de 2 ans, il avait d'abord publié dans un magazine littéraire le haiku suivant, qui reflétait ses inquiétudes à ce moment :


児(ちご)の頬に遅春のなみだ放射能と

Chigono hoo ni Chishun no namida Hoshano to

Sur la joue de mon bébé,

Des larmes printanières

Et des radionucléides.


Puis il a continué à écrire sur ce sujet et a publié plusieurs recueils franco-japonais sur le thème des problèmes du nucléaire.Mais il essuya des critiques de la part d'une partie de la scène du haiku. On lui disait : "Un haiku ne doit pas traiter de sujets de société" ou bien : "Pourquoi composer sur la catastrophe nucléaire, alors que vous n'êtes pas une victime directe ?"...

Mabesoone se souvint alors des "poètes progressistes" de l'Avant-guerre, qui composèrent des haikus sur le conflit naissant, et se basaient, entre autres, sur les images des informations - diffusées à l'époque dans les cinémas.Eux aussi essuyaient des critiques parce que, disait-on, "des personnes ne se trouvant pas au front ne devraient pas composer de telles choses". Mabesoone comprit, en pousuivant ses recherches, combien fut difficile la situation dans laquelle se trouvaient ces poètes, alors qu'ils traitaient simplement du problème de sociétéle plus prégnant de leur époque.


血も見えず敵飛行士の亡せゐたり

Chimo miezu Teki hikōshi no Use itari

Sans que l’on voie son sang,

L’aviateur ennemi

A perdu la vie. (1938) Kageo HASHI


我講義軍靴の音にたゝかれたり

Wagakōgi Gunka no oto ni Tatakaretari

A la porte de mon cours,

Elles frappent toujours.

Les bottes des militaires. (1937)Hakubunji INOUE


戦争が廊下の奥に立つてゐた

Sensōga Rōka no oku ni Tatte ita

La guerre

Était bien là debout

Au bout du couloir. (1939)Hakusen WATANABE


Selon les recherches de M. Mabesoone, les auteurs de tels haikus furent arrêtés sous couvert de la "Loi de préservation de la sécurité",car on considérait que leurs oeuvres "cherchaient à propager une conscience d'opposition à la guerre". Entre 1940 et 1943, au moins quarante-quatre d'entre eux – surtout des jeunes poètes -furent emprisonnés, treize purgèrent des peines de prison ferme accompagnées de peines avec sursis. Lors des interrogatoires, il furent forcés à se renier et beaucoup ne composèrent plus aucun haiku pacifiste jusqu'à la fin de la guerre.

Cependant, Mabesoone insiste : "Cette résistance à la guerre fut éphémère, mais elle constitue un fait important". Car,pendant que ces auteurs subissaient les purges, la majorité de la scène du haiku, elle, était totalement muselée par ladite "Association des auteurs de haiku japonais", organisation créée sous la férule du "Bureau de l'information" -bureau de la propagande sous le contrôle direct du gouvernement militaire. En effet, la majorité des poètes, eux, composaient a contrario des haikus à la gloire du militarisme. "Les traces de cette "petite résistance" sauvent l'honneur du haiku dans l'Histoire", nous déclare-t-il. Au mois d'octobre de l'année dernière, Mabesoone a publié un recueil qui rassemble les haikus pacifistes de cette époque, intitulé : "Haïkus de la résistance japonaise".

Ne pas oublier le rôle des haijins résistants, transmettre ce fait historique aux générations futures : cette motivation première fut aussi à l'origine du projet de monument.

Depuis, plus de soixante personnalités, dont beaucoup de poètes de haiku, se sont joint à l'appel, en acceptant de devenir des "soutiens officiels". Le but est d'ériger le monument avant la commémoration du 80ème anniversaire du début des rafles,c'est-à-dire avant 2020, et le lieu prévu est un terrain adjacent au "Mémorial des jeunes peintres décédés pendant la Seconde Guerre mondiale" ("Mugonkan", situé dans la ville d'Ueda, département de Nagano). Le texte de la stèle sera calligraphié par le poète de haiku Tōta Kaneko, âgé de 97 ans, qui a connu directement ces persécutions.

Justement,en ce moment, depuis le 19 avril, est discuté à la Diète un projet de loi comprenant des clauses de "crimes de conspiration",laquelle loi est vivement critiquée par l'opposition comme une "pénalisation des opinions".

M.Mabesoone déclare à ce sujet : "Nous ne voulons pas méler ce projet de monument aux sujets politiques, mais chacun comprendra aisément quels sont les enseignements que nous devons tirer des répressions que subirent les poètes avant la Seconde Guerre mondiale."

Sur la stèle sera gravé : "À travers ce monument, nous promettons de ne pas oublier leur sacrifice et leurs souffrances, et de ne plus jamais accepter la dictature. Nous formons le vœu que la paix prévale et que les droits de l'Homme, dont la liberté de pensée, de parole et d'expression, soient toujours respectés."

(article de Tetsu Wang)


légende de la photo : Seegan Mabesoone chez lui à Nagano : "Le mouvement des haijins résistants n'est pas sans rappeler, par exemple, le mouvement de "La Rose blanche", qui s'opposa au nazisme en Allemagne pendant la guerre - Sophie Scholl et son frère Hans furent excécutés pour avoir distribué des tracts pacifistes.Ce "petits actes de résistance" sont aujourd'hui pour nous tous une grande source d'espoir".


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by showahaiku | 2017-04-20 12:30 | Comments(0)

花満開の「無言館」

2017年4月16日、「碑の会」事務局のメンバー等10人で、長野県上田市の戦没画学生慰霊美術館「無言館」を訪れました。館主の窪島誠一郎様とゆっくり会談したり、吟行・句会を楽しんだりして来ました。
満開の桜に囲まれた「無言館」に命の根源的なエネルギーを頂いたような思いで、「昭和俳句弾圧事件の碑」建立に向けて、皆で頑張ろうと改めて誓い合いました。また、今後、定期的にこの素晴らしい環境で”平和の俳句の会”を開こうということになりました。

(以下、参加者の5句選)
無言館向かう車窓や花いかだ 大林茂美
星おぼろ妻を描きて戦場へ 高橋佳代
囚へても詩は囚はれず雑木の芽 ” ”
湯の町に平和観音青き踏む 小林民
残雪か戦没画家の足跡か マブソン青眼
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「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局

    代表 マブソン 青眼(俳人、比較文学者)

    小林 民(俳人、温泉宿主人)池田 充(版画家)美谷島 眞知子(「信濃デッサン館の会」会員)

380-0845長野市西後町625‐20‐304

showahaiku@yahoo.co.jp


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by showahaiku | 2017-04-17 20:01 | Comments(0)

2017年4月12日(朝刊)の「信濃毎日新聞」に記事が載りました。心から感謝申し上げます。以下、記事のスキャン画像と、「信濃毎日新聞」のHPのリンクを添付致します。ぜひご覧下さい。



文中、特に筆頭呼びかけ人の先生方のお言葉に励まされました:
金子兜太先生:
「俳人の弾圧はまったくナンセンスだった。碑の建立には大賛成だ」
窪島誠一郎先生:
「碑ができれば、表現者の命と、彼らの表現を改めて直視することになるだろう」



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(以下、フランス語訳、Translation in french below)

Un monument en souvenir des persécutions dont souffrit le monde du haiku

pendant la Seconde Guerre mondiale

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Seegan Mabesoone, poète de haiku habitant à Nagano, à l'origine du collectif.

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Un groupe de bénévoles, dont Seegan Mabesoone (48 ans, habitant Nagano-ville), s'est formé dans le but d'ériger un "Monument à la mémoiredes poètes de haiku persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale".

Un emplacement, près du "Mémorialdes jeunes peintres décédés pendant la Seconde Guerre mondiale" ("Mugonkan") à Ueda (département de Nagano), est prévu pour cette occasion.

Monsieur Mabesoone a répondu à notre journal : "Nous souhaitons réhabiliter ces jeunes poètes et leurs sacrifices, créer un lieu de recueillement. Aussi, il nous semble qu'il est important, particulièrement en ce moment, de se remémorer l'Histoire, de se souvenir que toute liberté de pensée, de parole et d'expression fut alors niée".

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Un monument pour la liberté de pensée et d'expression...

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L'origine de ce projet remonte à la publication de "Haïkusde la résistance japonaise (1929-1945)" en octobre dernier, recueil dans lequel M. Mabesoone mettait la lumière sur les poètes persécutés pendant la guerre, dont, par exemple, Issekiro Kobayashi - originaire du village d'Aoki à Nagano. "Dans mon pays d'origine, la France, les poètes qui ont resisté au nazisme sont aujourd'hui largement reconnus, mais ici, il semble que l'on ait tendance à oublier les persécutions dont furent victimes les poètes de haiku de cette époque". Partant de ce constat, M. Mabesoone avait déjà exprimé dans son livre "la necessité d'ériger un monument".

A la suite de la publication dudit recueil, de nombreux lecteurs lui ont manifesté leur soutien, et un collectif a commencé à se créer. A partir du mois de mars, des demandes de parrainage ont été envoyées à des poètes, chercheurs, hommes du monde de la culture de tout le pays, et 55 personnalités ont déjà rejoint le mouvement. Dès que la liste définitive des soutiens officiels sera fixée – vers la fin du mois de mai, une collecte de fonds sera ouverte au grand public à partir de l'été.L'inauguration du monument pourrait avoir lieu dès l'été 2018.

Les trois principaux parrains du projet sont M. Mabesoone, M. TōtaKaneko (97 ans) – Maître de haïku du cercle “Kaitei” auquel appartient aussi Mabesoone, et M. Seiichiro Kuboshima (75 ans) – Président du Mémorial "Mugonkan". M. Kaneko réalisera la calligraphie qui sera gravée sur la stèle. M. Kaneko a vécu la Seconde Guerre mondiale sur le front du Pacifique, en tant que soldat. Il a déclaré à notrejournal : "Les purges dont furent victimes les poètes de haiku étaient totalement injustifiées. Je soutiens de tout mon coeur ce projet de monument." Et M.Kuboshima d'ajouter : "Ce monument, quand il sera érigé, nouspermettra de nous retrouver face à la vie de ces hommes de parole, face au sens de ce qu'ils voulaient exprimer".

La répression fut à l'époque justifiée par ladite "Loi pour la préservation de la paix". Des dizaines de poètes furent arrêtés à cause d'expressions plus ou moins pacifistes, ou encore parce que les autorités considéraient qu'une simple description des diffultés de vie en temps de guerre constituait une critique envers le pouvoir en place. Sur la stèle, il est prévu de graver une quinzaine de haïkus représentatifs, avec le nom des auteurs, et un texte explicatif qui se termine ainsi: "Avec ce monument, nous promettons de ne plus jamais accepter que le pouvoir plonge nos vies dans les ténèbres, nous formons le voeux que la paix prévale et que les droits de l'Homme, dont la liberté de pensée, de parole et d'expression, soient toujours respectés."

En ce moment, les deux chambres du Parlement japonais commencent justement à débattre d'un projet de modification du droit pénal intitulé : "Loi contre la préparationd'actes terroristes ou autres". M. Mabesoone nous a déclaré: "Ce projet de monument n'a aucune motivation proprement politique.Cependant, personnellement, il me semble que, plus que jamais, il est nécessairede faire preuve d'esprit critique, tout comme ces jeunes poètes qui furent autrefois injustement persécutés."


Exemples de haïkus qui seront gravéssur le monument :


降る雪に胸飾られて捕へらる

Furuyuki ni Mune kazararete Toraeraru

Sur ma poitrine tombe la neige

Telle une décoration :

Moment de mon arrestation. (1941) Fujio AKIMOTO


我講義軍靴の音にたゝかれたり

Wagakōgi Gunka no oto ni Tatakaretari

A la porte de mon cours,

Elles frappent toujours.

Les bottes des militaires. (1937)Hakubunji INOUE


戦争をやめろと叫べない叫びをあげている舞台だ

Sensōwo yamero to Sakebenai sakebi wo Agete iru

butaida

«Arretez la guerre ! » –

Ce cri interdit,

Poussé sur scene. (1929)Issekiro KURIBAYASHI


大戦起るこの日のために獄をたまわる

Taisenokoru Kono hi no tameni Goku wo

tamawaru

Aujourd’hui, la guerre mondiale a éclaté.

De ce fait, vous me voyez tres honoré

D’etre emprisonné. (1941)Mudo HASHIMOTO


銃後といふ不思議な町を丘で見た

Jugoto iu Fushigi na machi wo Oka de mita

A l’arriere du front,

De ma colline, regarder cette ville

Que je ne comprends pas. (1938)Hakusen WATANABE





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by showahaiku | 2017-04-13 10:01 | Comments(0)

「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」の電子メール・アドレスと住所が決まりましたので、お知らせします:

showahaiku@yahoo.co.jp

380-0845長野市西後町625‐20‐304

「昭和俳句弾圧事件記念碑の会」事務局

    代表 マブソン 青眼(俳人、比較文学者)

    小林 民(俳人、温泉宿主人)池田 充(版画家)美谷島 眞知子(「信濃デッサン館の会」会員)



お問い合わせ等にお気軽にお使いください。


現在、事務局のメンバー等で、「呼びかけ人」になって頂く先生方のリストを作成している最中です。

5月に「昭和俳句弾圧事件記念碑の会 呼びかけ人名簿」が出来上がると思いますので、出来次第、本ページでもお知らせします。


ついでに、以下、近刊の渋沢栄一記念財団刊行「青淵」2017/4号に掲載された「昭和俳句弾圧事件記念碑計画」という随筆(マブソン青眼筆)を添付致します

今後も、ご支援・ご指導のほど、お願い申し上げます。


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by showahaiku | 2017-04-01 11:19 | Comments(0)